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Les ondées

Jardin éphémère

Antibes-Juan-les-Pins, festival des jardins de la Côte d'Azur, 2017

En collaboration avec Thomas Padoan / Atelier CAIROS 

© Photos Simon Le Lagadec

 De ses abords nappés d’une végétation rase, éparse, le jardin s’ancre dans son territoire d’arrière-pays. Rassemblées ici en un paysage commun, les garrigues déploient tout un répertoire de formes et de textures exprimant le génie végétal face à la rareté de l’eau. Une harmonie de feuillages glauques et métalliques, coriaces ou duveteux, rehaussés de floraisons mauves, anis, d’où émergent ça et là les silhouettes d'arbustes tourmentés.

 Mais au cœur du jardin s’épanouit une toute autre végétation, luxuriante. En pénétrant les lianes et les feuillages, l’espace et les sens se resserrent autour de nous. Tout y est dense, saturé. Une atmosphère moite exhale les parfums capiteux du jasmin rose et de la jacinthe des bois.

Soudain, les premières notes d’impacts annoncent une averse. Le rythme s’intensifie, raisonne dans les flaques. L’eau luit sur les feuillages, ruisselle sous les capuches. Sous un soleil printanier, la pluie tombe en trombe d’un plafond suspendu.

 Brodé sur une toile d’ombrage, un réseau d’irrigation dispense à rythme contrôlé l’hygrométrie d’un sous-bois exotique. Objet hybride, entre infrastructure agronome et volutes de tapis persan, il procure la fraîcheur exacte pour l’acclimatation et l’épanouissement d’une oasis tropicale.